Double J : rire de la tradition pour mieux la découvrir
«« On peut transmettre une tradition avec un cours… ou avec un fou rire. »»
===== Présentation =====
Double J (二重丸 / だぶるじぇい) est un manga scénarisé par Eiji Nonaka (Cromartie High School) et dessiné par Maru Asakura.
Sous l'apparence d'une comédie scolaire complètement absurde se cache un véritable hommage à l'artisanat traditionnel japonais et aux savoir-faire menacés de disparition.
Résumé
Hajime Sata cherche simplement un club scolaire où passer son temps.
Elle rencontre Sayo Arima et rejoint le très étrange Club de préservation de la culture traditionnelle.
Mais ici, pas de cérémonie du thé ni d'ikebana.
Les membres du club s'intéressent à des métiers si spécialisés qu'ils semblent presque inventés : sculpture de cure-dents, fabrication de planchettes pour kamaboko, artisanat du bambou, travail de la paille…
Chaque chapitre devient l'occasion de découvrir un artisan passionné… tout en riant de l'absurdité apparente de son métier.
Ce que ce manga m'a appris
Derrière chaque objet se cache un artisan
Un simple cure-dent.
Une planche de kamaboko.
Une gouttière.
Autant d'objets auxquels on ne prête jamais attention.
Double J rappelle que derrière chacun d'eux se cachent parfois des générations d'artisans ayant perfectionné leur savoir-faire.
La perfection peut devenir absurde
L'un des artisans consacre sa vie à rendre légèrement concaves des planchettes de bois pourtant fabriquées industriellement.
Le résultat paraît ridicule.
Et pourtant, il parle de tradition, de transmission et de recherche de l'équilibre parfait.
Le manga joue constamment avec cette frontière entre excellence artisanale… et obsession.
Le Japon respecte les métiers les plus inattendus
Le manga met en lumière des professions quasiment inconnues hors du Japon.
Même les métiers les plus confidentiels possèdent leur histoire, leurs techniques et leurs maîtres.
Cette diversité fait partie de la richesse culturelle japonaise.
L'humour est un excellent professeur
Au lieu d'un documentaire, Double J choisit le non-sens.
On rit beaucoup…
…avant de réaliser que tout ce qui vient d'être raconté est authentique.
Découvertes culturelles (Tome 1)
* la sculpture traditionnelle des cure-dents japonais (つまようじ), notamment la partie gravée destinée à la prise en main ; * les 鳥獣戯画 (Chōjū-giga), rouleaux illustrés souvent considérés comme les ancêtres du manga moderne ; * les planchettes en bois servant à la fabrication du kamaboko, spécialité à base de poisson ; * un artisan spécialisé dans la légère courbure de ces planchettes afin d'améliorer, selon la tradition, la texture (koshi) du produit ; * le métier de dresseur de mésanges (ヤマガラ使い) ; * le mot 雨樋 (amadoi), qui désigne les gouttières traditionnelles.
Comprendre le titre
Le titre Double J est un jeu de mots autour du symbole japonais ◎ (nijūmaru).
Au Japon :
* △ signifie « moyen » ; * 〇 signifie « correct » ; * ◎ signifie « excellent », « parfait ».
Cette recherche de la perfection fait écho aux artisans du manga, capables de consacrer toute une vie à améliorer un détail presque invisible.
Le titre évoque également le duo formé par Hajime et Sayo, dont les personnalités opposées font avancer toute l'histoire.
Un humour profondément japonais
L'humour repose sur le décalage permanent entre le sérieux absolu des personnages et l'inutilité apparente de leurs préoccupations.
Les dialogues suivent souvent la structure du manzai :
* Sayo joue le rôle du boke, lançant les idées les plus extravagantes avec un sérieux désarmant. * Hajime devient le tsukkomi, ramenant sans cesse le lecteur à la réalité par ses réactions incrédules.
Ce contraste donne au manga un rythme très proche d'un duo comique.
Mon avis
Lecture : tome 1 (version japonaise).
Double J est une véritable curiosité.
On ne sait jamais si le manga rend hommage à l'artisanat traditionnel ou s'il s'en moque affectueusement.
Probablement les deux.
Son humour absurde cache une impressionnante documentation sur des métiers oubliés et montre que la culture japonaise ne se limite pas aux samouraïs, aux temples ou aux mangas.
Les piliers Ermite Zen
* Énergie : conserver sa curiosité et son sens de l'humour. * Résistance : respecter le temps nécessaire à la maîtrise d'un savoir-faire. * Mobilité : accepter que l'on puisse apprendre des sujets les plus inattendus. * Intellect : comprendre le rôle de l'humour dans la transmission culturelle. * Technique : découvrir la précision de l'artisanat japonais. * Érudition : enrichir sa connaissance du Japon à travers ses métiers méconnus.
Leçon Ermite Zen :
Il n'existe pas de métier insignifiant.
Il existe seulement des savoir-faire que nous n'avons pas encore appris à regarder.
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