El blues del esclavo — Mecano

Interprète : Mecano Paroles : José María Cano Composition : José María Cano Année : 1988 (Album) / 1989 (Single) Genre : Pop espagnole / Synth-pop / Tango Usage : Extrait de l'album Descanso dominical Licence : Droits réservés (BMG Ariola Eurodisc)

==== Version originale (Espagnol) ==== El ser negrito Es un color Lo de ser esclavo No lo trago Me tiene frito Tanto trabajar de sol a sol Las tierras del maldito señorito Los compañeros Piensan igual O hay un Espartaco Que entre a saco Y esto cambia O 'tos pa' Gambia Desde Kunta Kinte a nuestros días Pocas mejorías A ver si ahora con la guerra de secesión Se admite nuestro sindicato del algodón Que a saber Quiere obtener Descanso dominical, un salario normal Dos pagas, mes de vacaciones Y una pensión tras la jubilación Que se nos trate Con dignidad Como a semejantes Emigrantes Que se terminen Las pasadas, las palizas del patrono Y el derecho de pernada Y el que prefiera que se vuelva Al Senegal Correr desnudos por la selva Con la mujer y el chaval Ir natural Erguiendo cuello y testuz Como hermana avestruz Para que no digan Que somos unos zulus Ir cantando este blues Patabum papa Patabum papa Y el que prefiera que se vuelva Que se vuelva Y el que prefiera que se vuelva Al Senegal Correr desnudos por la selva Con la mujer y el chaval Ir natural Erguiendo cuello y testuz Como hermana avestruz Para que no digan Que somos unos zulus Hemos hecho este blues ==== Traduction française ==== Être noir C'est une couleur Mais le fait d'être esclave Je ne le swallowed pas Ça me fatigue De tant travailler du lever au coucher du soleil Sur les terres de ce maudit maître Les camarades Pensent la même chose Soit il y a un Spartacus Qui fonce dans el tas Et ça change Soit c'est « tous en Gambie » Depuis Kunta Kinte jusqu'à nos jours Peu d'améliorations Espérons que maintenant avec la guerre de Sécession Notre syndicats du coton sera accepté Qui, il faut le savoir Veut obtenir Le repos dominical, un salaire normal Deux primes, un mois de vacances Et une pension de retraite Qu'on nous traite Avec dignité Comme des semblables Des émigrants Que prennent fin Les abus, les coups du patron Et le droit de cuissage Et que celui qui préfère reparte Au Sénégal Courir nus dans la jungle Avec la femme et le gamin Aller au naturel En redressant le cou et le crâne Comme notre sœur l'autruche Pour qu'on ne dise pas Que nous sommes des Zoulous Aller en chantant ce blues Patabum papa Patabum papa Et que celui qui préfère reparte Qu'il reparte Et que celui qui préfère reparte Au Sénégal Courir nus dans la jungle Avec la femme et le gamin Aller au naturel En redressant le cou et le crâne Comme notre sœur l'autruche Pour qu'on ne dise pas Que nous sommes des Zoulous Nous avons fait ce blues

Extrait original :

A ver si ahora con la guerra de secesión
Se admite nuestro sindicato del algodón
Quiere obtener
Descanso dominical, un salario normal, dos pagas, mes de vacaciones…

Pourquoi ce choix : Ce passage condense le ressort anachronique et satirique du morceau. En introduisant des revendications sociales contemporaines (syndicat, congés payés, retraite, repos hebdomadaire) au milieu du conflit de la guerre de Sécession américaine, José María Cano utilise le décalage humoristique pour rappeler la légitimité universelle des droits fondamentaux du travailleur.

🎓 Focus linguistique : Registre parlé, tournures idiomatiques espagnoles, élisions orales et ironie anachronique (niveau CECRL B1-B2).

* Estar frito : Expression familière espagnole signifiant « en avoir assez », « être exaspéré » ou « être à bout ». * Entrar a saco : Attaquer de front, foncer dans le tas sans retenue. * Descanso dominical : Le repos hebdomadaire du dimanche (expression qui donne son titre à l'album phare de Mecano). * Derecho de pernada : Le droit de cuissage (référence historique féodale détournée). * Testuz : Le sommet de la tête / le crâne (utilisé souvent pour les animaux, ici dans une comparaison poétique et décalée avec l'autruche).

* L'élision orale et populaire : Utilisation de tournures raccourcies comme 'tos pa' (pour todos para) miment le parler spontané et chanté. * Le subjonctif à valeur de souhait / d'exhortation : Emploi répétitif de la structure Que + subjonctif (Que se nos trate, Que se terminen) pour formuler des exigences sociales formelles.

En abordant le sujet tragique de l'esclavage à travers la caricature et la fiction anachronique, la chanson dédramatise la narration historique sans en nier l'injustice. Elle montre comment l'humour et l'ironie permettent de prendre de la hauteur face à l'oppression et de formaliser le besoin irrépressible d'équité et de respect.

Le retour symbolique à une vie affranchie des conventions et des carcans de l'exploitant (« Ir natural / Erguiendo cuello y testuz ») évoque la reconquête de l'estime de soi. Sortir de la soumission passe d'abord par le refus psychologique du statut de victime et par la réaffirmation d'une posture fière et redressée.

* L'origine d'un titre culte : C'est un vers de cette chanson (« Descanso dominical ») qui a donné son nom à l'album le plus vendu du groupe Mecano (publié en 1988). * Avertissement de l'auteur : Lors de la sortie du disque, José María Cano avait précisé dans le livret qu'il s'agissait d'une parabole humoristique sur la fin de l'esclavage aux États-Unis, conçue avec un profond respect pour les figures des droits civiques comme Martin Luther King.

* Statut : Non libre de droit (BMG Ariola Eurodisc / José María Cano). * Règle d'affichage : Textes intégraux placés sous la balise <nodisp>. L'extrait représentatif est cité sans balise au titre du droit de courte citation.

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  • Dernière modification : 2026/08/06 10:41
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