Une sacrée mamie — Yoshichi Shimada
👵 Une sacrée mamie
Une sacrée mamie (佐賀のがばいばあちゃん, Saga no Gabai Baachan) raconte l'enfance de Yoshichi Shimada dans le Japon des années 1950.
Akihiro est un jeune garçon turbulent qui vit à Hiroshima avec sa mère et son frère.
Un jour, il est envoyé chez sa grand-mère à Saga, à la campagne.
Il quitte donc son quotidien, sa mère et son environnement familier pour vivre avec une vieille femme qui ne possède pratiquement rien.
Il va pourtant découvrir une nouvelle manière de vivre.
Et surtout :
une nouvelle manière de voir la vie.
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📚 Fiche de lecture
Titre : Une sacrée mamie
Titre original : Saga no Gabai Baachan
Auteur : Yoshichi Shimada
Dessin : Saburō Ishikawa
Genre : tranche de vie, autobiographie, humour, enfance
Époque : Japon des années 1950
Adaptation : manga tiré du roman autobiographique de Yoshichi Shimada
Édition française : Delcourt, collection Gingko
Série française : 11 volumes
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🍚 Une enfance pauvre, mais pas misérable
Akihiro arrive à Saga dans une situation plutôt difficile.
Sa grand-mère est pauvre.
Très pauvre même.
Mais elle refuse de considérer la pauvreté comme une raison suffisante pour être malheureux.
C'est justement l'un des grands charmes du récit.
La grand-mère ne possède presque rien.
Mais elle possède quelque chose de beaucoup plus précieux :
le sens pratique.
Elle sait récupérer.
Économiser.
Réparer.
Improviser.
Partager.
Et surtout, elle possède un humour désarmant.
La pauvreté est bien présente dans le récit.
Mais elle n'est pas uniquement montrée sous l'angle du manque.
Elle devient aussi un contexte dans lequel les personnages apprennent à faire beaucoup avec peu.
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👵 La grand-mère : une véritable ermite zen
La grand-mère est évidemment le personnage qui m'a le plus marqué.
Au premier abord, elle peut sembler dure.
Elle est directe.
Elle ne s'embarrasse pas de grandes démonstrations sentimentales.
Mais derrière cette apparente rudesse se cache une femme profondément généreuse.
Elle apprend à Akihiro à regarder autrement ce qu'il possède.
Elle lui transmet surtout une philosophie extrêmement pragmatique :
«On ne change pas forcément les circonstances. On peut apprendre à mieux vivre avec.»
Elle ne fait pas de grands discours philosophiques.
Elle donne des conseils.
Elle trouve des solutions.
Elle travaille.
Elle économise.
Elle plaisante.
Et elle continue.
C'est précisément ce qui la rend si Ermite Zen.
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🧘 La philosophie du « faire avec »
La grand-mère ne cherche pas à offrir à Akihiro une vie parfaite.
Elle lui apprend quelque chose de plus utile :
se débrouiller dans la vie réelle.
Lorsqu'il manque quelque chose, on cherche une solution.
Lorsqu'une chose est cassée, on regarde si elle peut être réparée.
Lorsqu'on n'a pas d'argent, on réfléchit autrement.
Lorsqu'un problème apparaît :
«« Bon. Maintenant, qu'est-ce qu'on peut faire ? »»
C'est presque une devise Ermite Zen.
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💡 Les urawaza : l'intelligence du quotidien
L'un des plaisirs de Une sacrée mamie vient des nombreux urawaza — ces petits trucs, astuces et conseils pratiques transmis au quotidien.
La grand-mère transforme ainsi les contraintes en occasions d'être ingénieux.
Ce ne sont pas de grandes inventions.
Ce sont de petites solutions.
Et c'est précisément leur intérêt.
«L'intelligence ne sert pas seulement à résoudre les grands problèmes.
Elle sert aussi à rendre la vie quotidienne un peu plus facile.»
Cette philosophie rejoint parfaitement le Kaizen :
observer → essayer → améliorer → réutiliser.
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🌱 Vivre avec peu
La grand-mère a une relation très différente à la consommation.
Elle ne cherche pas constamment à acheter quelque chose pour résoudre un problème.
Elle cherche d'abord à savoir ce qu'elle peut faire avec ce qu'elle possède déjà.
C'est une forme très concrète de simplicité volontaire.
«Avant d'acheter : peut-on faire autrement ?
Avant de jeter : peut-on réparer ?
Avant de se plaindre : peut-on trouver une solution ?»
Cette manière de penser est particulièrement actuelle alors qu'elle est racontée dans le Japon rural de l'après-guerre.
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💰 L'argent ne résout pas tout
La grand-mère n'est évidemment pas riche.
Mais elle refuse de mesurer la valeur d'une existence uniquement à l'argent.
Elle sait rire.
Elle sait profiter d'un repas.
Elle sait apprécier une promenade.
Elle sait trouver du plaisir dans les petites choses.
Elle sait surtout partager ce qu'elle possède.
Le récit ne prétend pas que la pauvreté serait merveilleuse.
Il montre plutôt qu'une vie pauvre peut malgré tout être riche en relations, en humour et en expériences.
La nuance est importante.
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❤️ Derrière l'humour, la séparation
Akihiro n'est pas simplement un enfant heureux à la campagne.
Au début, il souffre de la séparation avec sa mère.
La grand-mère comprend cette douleur, même si elle ne la traite pas avec de grands discours.
L'enfant doit apprendre à vivre dans un nouvel environnement.
Il doit trouver de nouveaux repères.
Se faire des amis.
Comprendre les règles de ce nouveau monde.
Et progressivement, ce qui ressemblait à une punition devient une véritable expérience de vie.
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🏡 Une communauté plutôt qu'un individu isolé
L'histoire ne repose pas uniquement sur Akihiro et sa grand-mère.
Le village forme une véritable communauté de personnages :
* la vieille sage-femme qui semble tout savoir sur tout le monde ; * les camarades d'Akihiro ; * les familles paysannes ; * les travailleurs modestes ; * les voisins ; * les adultes qui gravitent autour des enfants.
Tous ont leurs défauts.
Tous ont leurs particularités.
Mais ensemble, ils forment un environnement humain.
Cela rejoint une idée très Ubuntu :
«On ne grandit jamais complètement seul.»
L'autonomie d'Akihiro se construit grâce à ce petit monde qui l'entoure.
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🌾 Le Japon des années 1950
Le manga possède également une importante valeur documentaire.
À travers les anecdotes de l'enfance de Shimada, on découvre notamment :
* la campagne japonaise de l'après-guerre ; * la vie quotidienne des familles modestes ; * les conditions matérielles de l'époque ; * les relations de voisinage ; * les habitudes alimentaires ; * l'école ; * les jeux des enfants ; * les petits métiers ; * les astuces permettant de vivre avec peu.
Ce n'est pas un manuel d'histoire.
C'est justement une histoire vécue de l'intérieur.
Et c'est souvent ce qui permet le mieux de comprendre une époque.
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🎭 Une série de petits moments
Une sacrée mamie n'est pas construit comme une grande aventure avec une intrigue complexe.
Il s'agit principalement de saynètes et de tranches de vie.
Et cela lui va très bien.
Le rythme est relativement lent.
On partage le quotidien.
On rencontre les habitants.
On découvre une nouvelle anecdote.
On rit.
On est parfois ému.
Puis on continue.
Cette lenteur permet justement de s'imprégner de l'atmosphère.
On ne regarde pas seulement ce qui arrive.
On regarde comment les gens vivent.
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Mon avis
J'ai emprunté et lu les 11 volumes d'Une sacrée mamie à la médiathèque de Montélimar.
Et j'ai vraiment apprécié cette lecture.
Le scénario est, en apparence, très banal.
Un enfant va vivre chez sa grand-mère.
Il va à l'école.
Il se fait des amis.
Il lui arrive des petites mésaventures.
Rien qui semble particulièrement extraordinaire.
Et pourtant, Yoshichi Shimada raconte tout cela avec suffisamment de talent pour nous faire entrer complètement dans son univers.
Il y a quelque chose dans l'ambiance qui m'a rappelé Marcel Pagnol :
une enfance racontée avec tendresse,
des personnages hauts en couleur,
une certaine rudesse mêlée d'affection,
et surtout l'impression de regarder une époque disparue à travers les yeux d'un enfant.
On se retrouve plongé dans le Japon des années 1950, au milieu d'une galerie de personnages simples mais extrêmement attachants.
Le jeune Akihiro souffre de la séparation avec sa mère.
Sa grand-mère, derrière ses airs de vieille femme revêche, est une personne profondément généreuse.
La vieille sage-femme semble connaître tous les secrets du village.
Les camarades d'Akihiro ont chacun leur personnalité.
Et tous ces personnages finissent par former une atmosphère tellement chaleureuse qu'on a presque envie de rester vivre avec eux.
Même lorsque certaines scènes sont tristes, la naïveté et le regard d'enfant d'Akihiro apportent une légèreté permanente.
Et surtout, j'ai beaucoup aimé les conseils de la grand-mère.
Elle incarne une philosophie très simple :
«vivre avec peu, ne pas se prendre trop au sérieux et trouver des solutions plutôt que de se lamenter.»
Bref, une lecture aussi drôle que touchante.
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La leçon Ermite Zen
La grand-mère de Saga pourrait presque être considérée comme une maîtresse Ermite Zen sans jamais avoir demandé le titre.
Elle enseigne sans théorie.
Sa philosophie est essentiellement pratique :
faire avec ce qu'on a.
ne pas gaspiller.
trouver une solution.
rire quand c'est possible.
aider les autres.
ne pas mesurer toute sa vie à l'argent.
Et surtout :
«Ne pas avoir beaucoup ne signifie pas être obligé de vivre mal.»
Il ne s'agit évidemment pas de romantiser la pauvreté.
Il s'agit de distinguer :
avoir peu
et
ne rien savoir faire avec ce qu'on a.
La grand-mère transforme le manque en occasion d'inventer.
C'est là que sa pauvreté devient presque secondaire.
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🌱 Pensées inspirées par la lecture
<alert type=“info”>
Ces phrases ne sont pas des citations de Yoshichi Shimada.Ce sont des pensées personnelles inspirées par la lecture d'Une sacrée mamie et par la philosophie de sa grand-mère.
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1. Faire avec ce que l'on a
«Quand on possède peu, apprendre à utiliser intelligemment ce que l'on possède devient une forme de richesse.»
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2. La débrouillardise est une compétence
«Ne pas avoir la solution immédiatement n'est pas grave ; savoir chercher une solution est déjà une compétence.»
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3. La simplicité n'empêche pas la joie
«Une vie simple peut contenir énormément de bonheur lorsque l'on sait remarquer les petites choses.»
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4. L'argent n'est qu'un outil
«L'argent facilite beaucoup de choses, mais il ne sait ni remplacer l'affection, ni fabriquer les souvenirs, ni acheter une communauté.»
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5. Réparer avant de remplacer
«Avant de jeter ce qui ne fonctionne plus, regarder si quelque chose peut encore être sauvé.»
Une règle valable pour les objets…
et parfois pour les relations.
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6. L'humour est une forme de résilience
«Pouvoir rire d'une situation difficile ne la rend pas moins difficile, mais peut rendre le chemin beaucoup plus supportable.»
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7. L'autonomie se construit avec les autres
«Devenir débrouillard ne signifie pas ne plus avoir besoin de personne. Cela signifie être capable de contribuer soi-même au fonctionnement du petit monde auquel on appartient.»
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8. Les petits savoirs comptent
«Une petite astuce utile est déjà une forme de connaissance.»
Il n'y a pas de hiérarchie absolue entre un grand traité de philosophie et une astuce de grand-mère.
Parfois, l'un aide à comprendre le monde.
L'autre aide simplement à y vivre.
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🧘 Pourquoi cette lecture est très Ermite Zen
Une sacrée mamie rejoint plusieurs piliers de l'approche ERMITE :
Énergie → conserver la capacité à avancer malgré les difficultés.
Résistance → supporter les contraintes et développer la débrouillardise.
Mobilité → s'adapter lorsqu'un environnement change brutalement.
Intellect → observer et chercher des solutions.
Technique → apprendre les petits savoir-faire qui rendent autonome.
Érudition → découvrir une époque, une société et une culture différentes.
Et au centre :
Zen.
Faire simplement ce qui doit être fait.
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🇯🇵 Ce que l'on apprend sur le Japon
Cette série permet de découvrir, sans avoir l'impression de suivre un cours, plusieurs aspects du Japon des années 1950 :
* la vie rurale ; * la pauvreté de l'après-guerre ; * les habitudes alimentaires ; * l'école ; * les relations de voisinage ; * les métiers modestes ; * les jeux d'enfants ; * les rapports entre générations ; * les petites astuces du quotidien ; * une autre conception de la consommation et de la récupération.
Et c'est probablement l'un des grands intérêts de la série :
on apprend sur le Japon simplement en regardant vivre les personnages.
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📚 Une œuvre à emprunter plutôt qu'à accumuler
J'ai découvert Une sacrée mamie grâce à la médiathèque de Montélimar.
Et finalement, cela correspond assez bien à l'esprit même de l'œuvre.
Pas besoin de posséder les onze volumes.
On emprunte → on lit → on découvre → on restitue.
Le livre ou le manga peut ensuite continuer sa route vers un autre lecteur.
C'est une belle illustration de cette idée :
«Un livre est fait pour être partagé.»
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🎋 En conclusion
Une sacrée mamie est en apparence une simple chronique de l'enfance d'un garçon dans le Japon des années 1950.
Mais derrière les petites aventures et les anecdotes se cache une philosophie étonnamment riche :
«On peut vivre avec peu sans vivre sans joie.
On peut être pauvre sans être dépourvu de ressources.
On peut rencontrer des difficultés sans perdre son humour.
Et l'on peut apprendre énormément de choses auprès d'une vieille dame qui ne se considère probablement pas comme une philosophe.»
C'est peut-être justement ça qui me plaît dans l'esprit Ermite Zen :
les grandes leçons ne se trouvent pas forcément dans les grands livres de philosophie.
Parfois, elles se cachent dans une cabane de Saga, auprès d'une sacrée mamie qui vous explique simplement comment faire avec ce qu'on a.
Et comme souvent :
le moins spectaculaire peut être le plus instructif.
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